De la décision au bilan, trois ans plus tard

Vendre sa voiture et devenir un va-nu-pied ? Beaucoup pensent que c’est impossible… surtout quand on est actif, qu’on a une famille et qu’on aime se déplacer. Pourtant, il y a trois ans, nous avons remis les clés au concessionnaire et (à ma surprise) nous n’avons jamais regardé en arrière.

Dans cette série d’articles, je raconte comment notre famille vit sans voiture, comment on s’organise au quotidien et combien ça coûte vraiment.

Épisode 1 – Le saut : vendre la voiture après 35 ans

Août 2022

Après plus de 35 ans à posséder au moins une voiture en tout temps, nous avons vendu notre toute rouge bagnole millésimée 2019. Pourquoi ?

– Le coût : l’utilisation de cette voiture revenait à 8 700 $/an
– Les «bons principes» : La pollution et l’espace que prennent les voitures en ville.
– La bonne période : Ce temps vers la fin de la pandémie où les voitures usagées avaient des valeurs dans le plafond. Bon temps pour vendre.
– La charge mentale : payer, entretenir, assurer, stationner, déneiger, protéger…

Notre contexte rendait l’expérience possible :

  • Télétravail à temps plein pour Sophie et moi
  • Une grande fille autonome pour ses déplacements
  • Un quartier desservi par métro, Bixi, Communauto, taxis et un tas de commerces à distance de marche

« Alors, notre inscription à Communauto est faite. Mon compte Bixi est réactivé. Nos cartes Opus sont chargées. Les pneus de nos vélos sont gonflés. Et puis, on a de bons souliers ! »

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Épisode 2 – 100 jours plus tard : plus facile que prévu

Novembre 2022

Première surprise : aucun manque, aucune contrainte majeure. On est allé à Québec, au Lac Castor, voir des spectacles, soupers chez des amis… avec un mélange de Communauto, location, de taxi, Uber, Bixi, bus, métro, train et marche.

Les plaisirs inattendus

  • Lire dans le train
  • Se faire déposer devant la porte en taxi
  • Revenir en vélo d’un spectacle par une belle soirée d’été
  • Oublier les pneus d’hiver et le casse-tête du stationnement

Petit bémol : trouver une Communauto à la dernière minute un samedi après-midi d’été n’est pas garanti. Mais avec un minimum de planification, ça marche toujours.

Bilan financier : environ 400 $ de moins que trois mois avec notre voiture… malgré plusieurs locations et déplacements interurbains.

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Épisode 3 – Un an plus tard : 4 200 $ d’économies

Août 2023

Un an sans voiture et pas une seule invitation déclinée faute de transport. Y a presque «pas d’histoire»… tout s’est fait facilement.

Bilan financier

  • Un an avec une voiture : 8 700 $
  • Un an sans voiture : 4 500 $
  • Économie : 4 200 $

Cet argent a même payé un voyage de 10 jours à Las Vegas et au Grand Canyon, en ajoutant aux économies, les Bonidollars accumulés avec nos dépenses de transport réglées par carte de crédit.

« Communauto est la clé : tarifs imbattables, assurance et essence inclus. »

Nouveauté : l’ajout d’une moto à notre « cocktail de transports » — un vieux projet qui n’a pas grand-chose à voir avec l’abandon de la voiture, mais qui amène encore plus de flexibilité.

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Épisode 4 – Trois ans plus tard : la liberté au quotidien

Août 2025

Trois ans déjà que nous avons remis les clés de la voiture au concessionnaire… et, honnêtement, on ne regrette rien. Pas une seule fois. Ce n’est plus une « expérience » ou un « test » : c’est devenu notre mode de vie, au point où on n’y pense même plus. On ne se surprend pas à dire « ah, si on avait encore la voiture… » — parce que, franchement, rien ne nous manque.

L’autopartage : la vraie clé

Si on a pu franchir le cap et y rester, c’est grâce à Communauto. Sans ce service, ce serait une histoire bien plus complexe. En trois ans, il nous est même arrivé une ou deux fois de louer trois voitures en même temps pour des activités différentes. Exactement le même confort que de posséder trois véhicules… sauf qu’on ne les paie pas, ne les entretient pas et ne les stationne pas toute l’année.

Les voitures ne sont pas toujours parfaites, pas impeccablement propres, parfois avec un petit bruit suspect, mais elles sont là, prêtes, avec l’essence et l’assurance incluses.

Un changement de mentalité

Comme entrepreneur, j’ai longtemps été témoin — et parfois participant — au petit jeu qui consiste à afficher sa réussite en affaires à travers la voiture qu’on conduit. Une grosse allemande brillante, un VUS de luxe, le modèle « édition limitée »… Ce jeu-là, je l’ai quitté pour de bon. Aujourd’hui, ma « réussite » ne se mesure pas à ce qui est garé devant chez moi, mais à la liberté que j’ai d’aller où je veux, quand je veux, sans l’ombre d’un paiement auto.

Je préfère nettement regarder le Grand Canyon que de regarder une bagnole étincelante devant chez moi.

Le vélo électrique : l’arme secrète

En ville, rien ne bat le vélo à assistance électrique. Sophie, Agathe et moi avons chacun le nôtre, et c’est devenu notre moyen de transport préféré. On roule sans effort même avec un vent de face, on ne cherche jamais de stationnement et on se faufile partout. Résultat : plus d’air frais, plus de mouvement, moins de temps perdu.

Les trajets quotidiens deviennent même agréables : passer par le parc, longer le canal, prendre des petites rues calmes… Ce sont des déplacements qu’on n’aurait jamais appréciés autant en voiture.

Le confort de ne plus « posséder »

Ceux qui n’ont jamais fait le saut ne réalisent pas à quel point ne plus gérer une voiture est libérateur. Fini les pneus d’hiver, les changements d’huile, les visites au garage, les assurances, le stress du stationnement, les billets de contravention, les vols, les bris… Toute cette charge mentale disparaît.

Mes convictions sont claires

  • Le transport en commun ne devrait jamais être un enjeu électoral. C’est toujours bon pour la collectivité, point.
  • Il faut augmenter l’offre année après année : plus de lignes de métro, plus d’interconnexions, plus d’autobus, un meilleur transport interurbain, de nouvelles options (comme le tramway de Québec).
  • Chaque fois qu’on améliore les transports collectifs et actifs, on améliore directement la qualité de vie et l’économie locale.
  • Le débat auto/vélo sur les réseaux sociaux est absurde. Il est aussi très dangereux car il alimente une haine complètement puérile.

Les petits ajustements nécessaires

Vivre sans voiture n’est pas parfait. Il y a quelques ajustements :

  • Oui, il faut un minimum de prévoyance pour réserver une Communauto, surtout un samedi après-midi en été. Disons qu’un lève-tôt comme moi a toujours un grand choix de voitures, aux petites heures du matin.
  • Oui, il faut cesser de voir le prix d’un taxi ou d’une location comme une dépense « de luxe ». Même en comptant large, c’est toujours moins cher qu’une voiture personnelle.
  • Et oui, les transports en commun sont souvent agréables… mais pas toujours, à cause de quelques usagers qui oublient le savoir-vivre.

Bilan après trois ans

Mon constat est simple : vivre sans voiture, c’est possible, agréable, économique et profondément libérateur. Oui, il faut que les planètes soient alignées. C’est pourquoi je rêve que l’autopartage et les transports collectifs soient accessibles à tous, pour que plus de monde puisse, lui aussi, se défaire de ce boulet à quatre roues. Quand je vois tout l’argent et tout le temps que j’ai récupérés, je me demande pourquoi on n’a pas fait ce choix plus tôt.