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Le jour où j’ai pleuré deux fois

La journée était belle en torrieu, avec l’éclatante lumière d’automne sur les arbres colorés. L’air frais poursuivait le grand ménage de mes poumons après une semaine de rhume. Sophie et moi étions dans le quartier à remplir nos sacs à dos en rayant des éléments de la liste d’épicerie, histoire de nourrir nos estomacs (et notre nouvelle friteuse à air) !

Devant le comptoir des charcuteries : un texto d’amis endeuillés qui, fort aimablement, nous offrent leur paire de billets pour Georges à la Licorne. Mon premier réflexe est de refuser parce que ce soir-là, c’est LA DATE inscrite sur les billets que j’ai reçus pour mon anniversaire : Louis-Jean Cormier symphonique. Mais attends ! La pièce est à 16h… on a le temps. On va enchaîner.

Alors, Georges, c’est une histoire toute simple et toute douce d’un père qui aime ses enfants plus que tout, même si ses valeurs sont différentes, même si ses enfants s’éloignent de sa culture libanaise pour s’intégrer à la société québécoise. Visiblement, c’est très inspiré de l’histoire de Nathalie Doumar, autrice de la pièce et interprète du personnage de Diane. C’est drôle, c’est tendre et c’est touchant. Moi, les histoires d’amour entre un père et sa fille, ça me va droit au cœur et ça me tire toujours quelques larmes. J’ai beaucoup aimé, ça m’a vraiment touché. Et un immense chapeau à Manuel Tadros qui est parfait.

On se transporte ensuite au complexe Desjardins pour quelques patates frites sous un joli amoncellement de fromage en grains (qui fait squouik !) nappé de sauce onctueuse. J’ai grandi à Québec et j’avais le devoir d’honorer la présence d’Ashton sur les terres semi-anglophones de Montréal.

La Maison symphonique en soi, c’est impressionnant. Pendant que les spectateurs trouvent leurs sièges, les musiciens s’installent, s’échauffent, s’accordent. Et puis, le maestro arrive avec le chanteur, l’éclairage s’ajuste et la musique démarre. C’est beau, c’est super beau, mais comme la dernière fois où j’étais allé entendre un orchestre, je ne trouve pas ça assez fort. J’aimerais que les notes me transpercent et me remuent, mais c’est juste une caresse pour mes oreilles.

Quand Louis-Jean chante, on entend bien sa voix, le rythme est plus lent et ça donne une autre dimension aux textes. Je me concentre sur sa voix et je ressens les chansons d’une façon nouvelle. Ses deux plus récents albums parlent de la perte de son père. Ça aussi, c’est un sujet qui me touche et qui, inévitablement, a générer mes deuxièmes larmes de la journée. Certaines de ses chansons sont vraiment magnifiques. Mais est-ce que je préfère les versions symphoniques ou électriques ? Ça dépend. J’ai l’impression que les chansons plus intenses et puissantes prennent mieux leur envol avec les guitares et les amplis. Si un jour un album naît de cette aventure, je serai curieux de le réécouter, très fort, dans mes écouteurs.

Le bilan de cette journée, chargée en culture et en émotions, fut absolument magnifique. Ça m’a changé des travaux autour de la maison auxquels j’ai consacré beaucoup de temps dans les dernières semaines. La culture, ça nourrit quelque chose en moi qui est essentiel. Alors aujourd’hui j’y retourne : deux films au programme !

À bientôt !

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